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Si tu visites un grand magasin de décoration, tu y trouveras des milliers d’affiches imprimées à la chaîne sur des machines industrielles. Tout y est parfaitement aligné, calibré au millimètre près, lisse, prévisible… et parfois un peu vide d’âme. Quand tu adoptes une création artisanale, la démarche est toute autre.
A l’atelier Kaelyne, tu reçois une œuvre imprimée une à une, de mes propres mains, dans mon atelier du Havre. Une création qui a pris son temps, qui a respiré, et qui porte en elle de subtiles variations d’encre et de pression. Je peux te le promettre : personne d’autre dans le monde n’aura exactement la même version que toi.
Mais d’où viennent ces mystérieuses différences ? Et surtout, pourquoi est-ce que je choisis d’aimer, et même de revendiquer haut et fort, ces prétendues « imperfections » ? Laisse-moi t’emmener dans les coulisses sensibles de la linogravure artisanale.
La poésie du geste : quand la main remplace la machine 🖐️
La linogravure est un art de la patience et du relief (ce qu’on appelle la taille d’épargne). Rien ne s’y fait à la hâte. Chaque étape demande une présence totale, presque méditative :
1 – La gravure : écouter la matière
Quand ma gouge rencontre la plaque de linoléum, je sens la résistance du matériau. La lame creuse des sillons, retire ce qui doit disparaître pour ne laisser que le dessin en relief. Un geste trop appuyé, une hésitation d’un millième de seconde, une ligne légèrement courbe… Tout cela s’inscrit dans la matière. C’est l’empreinte directe de mon état d’esprit au moment où je grave. Il y a parfois des louper, des adaptions, des transformations. Une fois que la plaque est gravée, elle est gravée pour de bon ! Pas de retour en arrière possible.
2 – L’encrage : le rythme et la couleur
L’encre est étalée au rouleau sur une plaque de verre. Il y a ce petit bruit très particulier, un « scrountch scrountch », qui m’indique que la matière est prête. Lorsque le rouleau se dépose sur le lino, la quantité d’encre déposée n’est jamais mathématiquement identique. Parfois un peu plus généreuse, parfois plus aérienne.
3 – L’impression : le mystère de la rencontre
C’est le moment le plus magique. Je dépose délicatement une feuille de papier d’art sur la plaque encrée. Avec ma presse manuelle ou mon baren (cet outil traditionnel japonais en forme de disque), j’exerce une pression pour que l’encre migre dans les fibres du papier.
Puis vient le dévoilement : je soulève le papier doucement… et l’image apparaît.
A chaque tirage, entre le papier, la météo, mon humeur, j’ai toujours des petites variations.
2. Les « accidents » de l’artisanat : des imperfections ou des trésors ? ✨
Dans l’industrie classique, le moindre écart par rapport au modèle numérique est qualifié de « défaut » ou d’erreur de fabrication. Dans mon univers, j’appelle ça être vivante !
En linogravure artisanale, ces prétendus accidents racontent une histoire :
- Le grain de l’encre (salting) : Ce sont de minuscules alvéoles blanches où le papier affleure à travers l’encre. Elles apportent un toucher velouté et un relief visuel unique.
- Les nuances d’encrage : Une zone légèrement plus sombre où la main a guidé la presse avec fermeté, un bord un peu plus doux où la couleur s’est déposée.
- Les marques de gouge : Ces petites lignes résiduelles qui traversent les aplats blancs. Elles sont la preuve irréfutable qu’une artisane a passé des heures à creuser cette plaque pour toi.
Rien de tout cela n’est un manque de maîtrise. C’est le témoignage vibrant d’une rencontre entre le fer, la matière, l’encre, le papier… et une humaine.
3. Nos corps, nos esprits et nos tirages : célébrer ce qui ne rentre pas dans les cases
Si cette recherche de l’imparfait me tient tant à cœur, c’est parce qu’elle dépasse largement le cadre du graphisme. C’est le pilier fondamental de tout ce que je crée à l’Atelier Kaelyne.
Mes illustrations parlent de sujets qu’on nous apprend trop souvent à cacher :
- La diversité des corps et la grossophobie,
- La santé mentale et nos épisodes de vulnérabilité,
- Le droit d’occuper l’espace sans demander pardon.
Nous vivons dans un monde qui nous somme d’être lisses, parfaits, retouchés et sans fêlures. Une société qui filtre nos visages et qui veut faire rentrer nos corps dans des moules identiques. Quelle fatigue !
Lier mes messages engagés à une technique d’impression où chaque tirage est singulier est une évidence absolue : si aucun de mes tirages n’est identique à son voisin, pourquoi devrions-nous l’être ?
Nos vergetures, nos cicatrices, nos asymétries, nos doutes et nos bizarreries sont l’exact équivalent du grain de l’encre sur le papier d’art. Ce ne sont pas des anomalies : ce sont les preuves que nous sommes vivant·es, sensibles et irremplaçables.
4. Offrir une demeure à une œuvre qui te ressemble
Quand tu choisis d’adopter un tirage de linogravure original, tu ne fais pas qu’acheter un objet de décoration pour combler un espace vide sur une peinture blanche.
Tu accueilles chez toi :
- Des heures de travail manuel réalisées avec amour au Havre,
- Une philosophie qui réconcilie avec le temps long et la douceur,
- Un rappel quotidien qu’il est bon d’être exactement qui tu es, sans filtre.
Chaque fois que tu poseras le regard sur ton estampe, tu verras ses petites variations d’encre. Et j’espère qu’elles te murmureront doucement : « Tu as le droit d’être imparfait·e. Tu es magnifique comme ça. »
Ma devise à l’atelier a toujours été : « C’est pourquoi faire du beau si ce n’est pas pour faire du bien ? »
J’espère du fond du cœur que ces tirages uniques apporteront toute la bienveillance que tu mérites dans ton cocon.
Envies de découvrir ces œuvres uniques ? ✨
Chaque linogravure est pensée, gravée et imprimée une à une à la main sur du papier d’art de haute qualité, signée et numérotée avec soin.




